L’abécédaire du Domaine des Lambrays

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Abbaye de Cîteaux

Le Clos des Lambrays fait son apparition dans l’histoire sous le nom de “Cloux des Lambrey” en février 1365 dans un titre de propriété de l’Abbaye de Cîteaux. C’est la première mention que l’on trouve de lui dans les archives du fonds. Le rôle de l’Abbaye dans le façonnage des terroirs bourguignons est crucial. Possédant de vastes propriétés viticoles autour de Gilly, de Vougeot et dans le reste des Côtes, elle fut longtemps le foyer de rayonnement de la région. Tout au long du Moyen-Âge, le Clos est donc sous l’obédience de Cîteaux. Le Domaine des Lambrays possède la plus ancienne marque d’antériorité de toutes les Maisons du groupe LVMH.

Bouchots, Larrey (ou Larrets) et autres Meix-Rentiers

Ces noms sont ceux des trois lieux-dits qui composent le Climat “Clos des Lambrays”. Le mot “Larrey” est le plus facile à tracer. Sur les cadastres du XIXe siècle, on le rencontre sur plusieurs parcelles au sein du Clos. Il désigne la pente, le flanc du coteau sur lequel sont plantés les rangs de vigne. Les Bouchots sont situés au nord et en bordure du Clos, et Le Meix-Rentier en bas de coteau. Trois lieux-dits, témoignant de la diversité topographique, pour un seul et unique vin.

Cave

Après la vigne, l’endroit le plus important du Domaine. Il y a une petite et une grande caves, surnommées la jeune et l’ancienne. Un escalier mène d’abord à la “grande” cave où dorment les vins dans une poignée de fûts. Elle est plus récente que la petite, elle remonte au XVIIeme siècle. Au fond, derrière une grille, repose la mémoire du Domaine, son oenothèque. Un siècle de millésimes y est conservé. On pénètre dans la cave la plus ancienne, du XVIeme siècle, par un étroit porche. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut muré pour protéger les vins de l’occupant et réouvert bien plus tard. Les vins sont élevés dans ces deux caves voûtées dans lesquels il est arrivé d’être invité à goûter sur fûts… Et pour quelques privilégiés, à se voir ouvrir une vieille bouteille non-étiquetée.

Côte de Nuits

La Bourgogne est réputée pour ses côtes viticoles, qui, de Dijon à Mâcon, jalonnent le paysage. Les Nuitons chérissent la leur, une bande de terre bordée par la nationale 74 et plantée de vignes sur une vingtaine de km de long et 500 à 600 m de large. C’est un lieu de pèlerinage des amoureux de la Bourgogne, passant de village en village entre les Climats aux noms célèbres ou folkloriques. A Morey, parce qu’elle culmine à 472 mètres, la côte est affectueusement surnommée la « montagne ». C’est plutôt une série de collines surmontées de maigres bois et entrecoupées d’une combe qui protège, par temps gélif, des coups de vent les plus froids. Clos des Lambrays, de Tart, de la Roche, Saint-Denis… Morey-St-Denis est une terre de clos.

Etymologie…  étiquette

Justement on ne sait pas grand-chose sur l’origine et la signification du nom Lambrays. Il se murmure que des archivistes ont retrouvé la trace d’une famille appelée Lambreys dès le XIIIeme siècle. Le nom est surtout celui de la parcelle éponyme, située au coeur de l’actuel Clos. Le nom unique de « Lambrays » désigne très tôt l’ensemble de la propriété foncière. Sur un plan de 1879, elle est mentionnée sous le nom de « Pièce des Lambrays ». Les premières étiquettes faisant apparaître le nom Lambrays remontent à la fin du XIXeme siècle. C’est à partir de 1938, au bas mot, que l’on trouve la mention de « Clos des Lambrays » utilisée de façon continue. Une étiquette le met en valeur de manière originale en 1938 : il s’agit d’un dessin de l’artiste Hansi inspiré du style héraldique qu’il affectionnait.

Fine

Trois vieux fûts patinés par le temps sont logés dans la cave ancienne du XVIIeme siècle. C’est là que repose la fine des Lambrays pendant quelques années pour prendre la couleur du chêne, affiner ses arômes et devenir toujours plus complexe. Les hôtes du Domaine les plus privilégiés sont invités à goûter cette fine, à la fin d’un repas où les vins des Lambrays se sont succédé. Nous sommes fiers d’assurer la perpétuation d’un geste bourguignon en quasi-disparition.

Grand Cru

Longtemps il n’a pas été nécessaire de donner au Clos des Lambrays un statut officiel pour dénoter la bonté et la grandeur du vin : son nom suffisait. Sa renommée et son antériorité sont cependant consacrées le 27 avril 1981 lorsque le Clos des Lambrays devient le 33eme et dernier Grand Cru, rejoignant l’élite de la Bourgogne. Au cours du XIXe et du XXe siècles, les citations des Lambrays comme grand cru de fait, sinon de droit, se sont accumulées. C’est le cas sous la plume du Dr Lavalle dès 1855. Dans l’ouvrage de Camille Rodier, qui, tout en étant propriétaire du Domaine dispose d’une autorité incontestable, le Clos des Lambrays se voit attribuer la qualification de tête de cuvée, au même titre que ses voisins, le Clos de Tart et les Bonnes Mares. Dans un domaine plus prosaïque, l’Administration fiscale assimile le vin des Lambrays à “tous les autres crus choisis de la catégorie K, «Clos de Tart » et « Richebourg » notamment.”

Jardin (classé)

Classé, non pas classé au titre du patrimoine mais au titre du terroir… ce magnifique jardin de 5.000m2, serein, dissimulé derrière sa lourde grille, est classé en premier cru. Il aurait pu devenir une parcelle de vigne et donner quelques pièces de vin. Mais les précédents propriétaires ont préféré y cultiver des essences d’arbres et de plantes de nos contrées et d’ailleurs. Un cèdre plusieurs fois centenaire trône au beau milieu, faisant face à la maison de maître édifiée à partir de 1630. S’occuper de ce jardin est une autre manière de cultiver le lien à la nature et de voir se succéder les saisons. Une promenade en compagnie du maître des lieux est d’autant plus précieuse après une dégustation, pour simplement profiter de l’instant.

Loups de Morey

Ces loups qui hantent la Côte-de-Nuits, ce sont les habitants de Morey-Saint-Denis, également baptisés les Morétains. Vous les retrouvez sur le blason du village et sur celui du Domaine. C’est aussi le nom de notre premier cru. Morey-Saint-Denis donne des vins rouges du cépage pinot noir à quelques exceptions près. Il compte à lui seul pas moins de cinq grands crus dont quatre clos. Du nord au sud, on rencontre à Morey, le Clos de la Roche, mitoyen de Gevrey-Chambertin, puis le Clos Saint-Denis ; au coeur du village le Clos des Lambrays puis son voisin le Clos de Tart et une petite partie des Bonnes Mares, à cheval avec le village de Chambolle-Musigny.

Morcellement et remembrement

De l’unité médiévale au remembrement progressif, le Clos des Lambrays a connu des périodes de morcellement et de remembrement. L’idéal de reconstitution de l’unité est partagé par les propriétaires successifs au point de faire des Lambrays un exemple unique dans l’histoire de la Bourgogne.

A la révolution, la propriété du Clos des Lambrays, telle que nous la connaissons, commence à être divisée. Au milieu du XIXe siècle on compte plus de 70 propriétaires ! Fragmenté à l’extrême, le Clos connaît une situation emblématique de l’histoire viticole de la Bourgogne mais qui nuit à l’identité et à la renommée des vins. Au Domaine, plusieurs plans cadastraux permettent de suivre l’évolution de l’assiette foncière du Clos. En 1879 un premier regroupement important de parcelles a lieu. Le nouvel acquéreur, Albert Rodier, possède alors 8ha 15a 81ca d’un seul tenant. Cette propriété ne constituait cependant pas la même entité que l’actuel Clos des Lambrays, puisqu’elle s’étendait sur les deux lieux-dits « Les Larrets » et « Les Bouchots » mais excluait « Le Meix Rentier ».

Patrimoine de l’Humanité

L’étroite bande de terre qui s’étend de Dijon à Beaune est un pays du vin depuis les Ducs de Bourgogne. En juillet 2015 elle a rejoint les sites classés par l’UNESCO au Patrimoine Mondial pour sa valeur exceptionnelle et universelle. De fait, vous êtes dans un Domaine de ce Patrimoine Mondial.

Propriétaires successifs

“Objet d’un amour exclusif, passionné, excessif, cette vigne fut longtemps hors du temps.” Voilà comment est présenté le Clos des Lambrays par Charles Quittanson dans un opus historique des années 1980. Les propriétaires qui se sont succédé ont en effet témoigné d’un profond attachement pour le Domaine.

On retrouve en 1836 la trace d’un négociant nuiton (entendez de Nuits-Saint-Georges), Louis Joly, qui l’acquiert, admiratif de l’excellence des vins. C’est le tour de Camille et Albert Rodier, également négociants, d’acquérir le joyau en 1866. Les Rodier sont une famille influente en Bourgogne au début du XXeme siècle. Fondateur de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, Camille est aussi l’auteur d’ouvrages de référence sur les vins de Bourgogne. Albert Rodier transmet le Clos à Renée Cosson et à son fils.

En 1979 les frères Fabien et Louis Saier, rachètent les Lambrays en association avec les capitaux de Roland Pelletier de Chambure d’origine bourguignonne, grand-bourgeois éleveur de chevaux de race. Tous trois partagent la même fascination pour le terroir et les vins des Lambrays auxquels ils redonnent leur lustre. Leur oeuvre consiste à remplacer les pieds de vigne manquants, tout en respectant la part des vieilles vignes, à redresser les murs de pierres qui enclosent les vignes, tout en restaurant et le parc et la maison. L’échec des affaires des Saier entraîne le Clos des Lambrays qui frôle la faillite en 1992. Mais la détermination de son gérant, Thierry Brouin, et la loyauté de ses clients et fournisseurs, évitent le pire.

Un couple d’entrepreneurs allemands, les Freund, touchés par la beauté des lieux autant que des vins, acquiert alors le Domaine. Ils s’établissent plusieurs mois par an dans la maison pour prendre part aux moments forts de la vie de la vigne. A la mort de Günter Freund, le groupe LVMH, qui cultive l’excellence viticole en France et dans le monde, s’intéresse aux Lambrays. En devenant le propriétaire du Domaine des Lambrays en 2014, LVMH s’installe pour la première fois en Bourgogne.

Rose du Clos

Une cuvée de Bourgogne rosé est élaborée au Domaine des Lambrays dans les millésimes qui s’y prêtent. Ce vin est joliment baptisé “La Rose du Clos” et élaboré en quantités confidentielles.